mardi 3 juin 2014

BLOODY WEEKEND 5


Tous les vrais fans de films qui tachent seront d'accord avec moi pour dire qu'à l'heure actuelle le cinéma de genre connait quand même des heures particulièrement sombres : les blockbusters foireux gavés à ras-la-gueule de CGI indigestes transforment les djeuns actuels en zombies décérébrés (merci World War Zed), les remakes inutiles et nullissimes des classiques du genre donnent envie de s'ouvrir les veines en cours de visionnage (merci FREDDY, LES GRIFFES DE L'ENNUI version 2010), la presse préfère encenser un long-métrage incompréhensible mis en scène par un réalisateur méprisant narrant la vie d'un couple qui semblent se poser des questions existentielles en se baladant à poil alors qu'un chien fait ses besoins dans la nature tout en regardant les feuilles d'un arbre tomber et que.....(ok, j'arrête là) et descendre en flammes le prochain ELI ROTH alors que celui-ci n'est même pas sorti (merci PREMIERE)...
Pourtant, au milieu de tout ce gâchis, il y a encore quelques passionnés qui entendent bien ne pas laisser mourir les vraies valeurs du cinéma fantastique.
C'est le cas de LOÏC BUGNON qui depuis cinq ans, organise le FESTIVAL DU FILM FANTASTIQUE D'AUDINCOURT : le BLOODY WEEKEND. Ayant regretté de ne pas m'y être rendu l'année précédente, je me suis décidé cette fois-ci à faire le trajet jusque dans le DOUBS pour vérifier si ce festival était tel qu'on me l'avait rapporté (chaleureux, convivial, etc...).
Je m'attendais à un petit truc sympa qui m'aurait permis de voir sur grand écran quelques films cultes tout en achetant deux ou trois DVD pas chers..... mais j'allais prendre une sacrée claque dont j'ai encore du mal à me remettre à l'heure où j'écris ces lignes.



                                 VENDREDI 30 MAI : MONSIEUR CANNIBALE, ZIZOU ZOMBIE ET LES JOYEUX TRASHEUX.

C'est ce jour-là, à 14h00 que le BLOODY WEEKEND ouvre officiellement ses portes sous la présentation de l'homme tatoué en personne PASCAL TOURAIN.
Je fonce illico presto à l'espace exposants où les éditeurs ARTUS FILMS, UNCUT MOVIES et LE CHAT QUI FUME achèvent froidement mon compte en banque avec les tonnes de DVD qu'ils mettent à ma disposition. Tous plus passionnés et plus sympathiques les uns que les autres, j'apprends à connaitre tous ces" faiseurs de bonheur" qui ne m'étaient jusqu'à présent représentés que par des images de gros nounours, de matous toxicos ou de grands blessés tenant leurs tripes entre leurs mains.

Après un petit tour au stand rafraichissement (comprenez par là la buvette), je tombe nez à nez avec MICK GARRIS, le créateur de la série MASTERS OF HORROR, réalisateur de CRITTERS 2, LA NUIT DECHIREE et d'autres adaptations de romans du KING, qui accepte de poser avec moi pour une photo tout en me demandant de ne pas l'appeler Mr. GARRIS mais MICK... ce gars est une crème !

                                                                            L'équipe allemande des FRIGHTGUYS.

Arrêt suivant  les éditions TRASH avec un seul but : faire dédicacer les romans en ma possession par leurs auteurs respectifs. Je rencontre ainsi ROBERT DARVEL, JULIAN C.HELLBROKE aka DEGUEULUS, SCHWEINHUND et la ravissante NELLY CHADOUR et je dois avouer que là aussi j'allais tomber de haut. J'appréhendais que cette joyeuse tribu ne m'accueille en me balançant tripes et abats mais à ma grande surprise (j'exagère bien sûr), les membres de l'équipe TRASH sont d'une gentillesse hors norme, leur seul dessein étant de faire plaisir aux amateurs de bouquins gerbeux.
Nous passons un bon moment à échanger nos impressions sur les romans d'horreur publiés à l'époque par DANIEL RICHE dans la collection GORE tout en abordant également les futurs titres de leur label. Et comment ne pas avoir un petit pincement au cœur quand SCHWEINHUND me lance un "Hé, mais c'est pas toi qui a ce blog sympa là.... CURIOUS GOODS ?"
Ah, la vache... ça fait tout drôle.


A force de papoter il est déjà 18h00 et c'est l'heure de la première séance consacrée aux courts-métrages et au moment que tout le monde attend : l'arrivée du grand RUGGERO DEODATO dans le jury. A peine installé dans la salle, je constate que sont assis juste derrière moi BENJAMIN ROCHER, RENÉ MANZOR, MICK GARRIS et  PHILIPPE NAHON lesquels plaisantent entre eux comme le ferait le simple spectateur lambda. Et c'est l'arrivée du réalisateur de CANNIBAL HOLOCAUST, accompagné de la belle BARBARA MAGNOLFI sous une salve d'applaudissements.


Juste le temps de nous préciser que tout le monde en Europe le surnomme "MONSIEUR CANNIBALE" que cette légende du cinéma d'horreur transalpin prend place parmi les autres membres du jury. La séance de courts-métrages terminée on passe à la projection de GOAL OF THE DEAD, le nouveau film de THIERRY POIRAUD et BENJAMIN ROCHER tandis que volent à travers le public ballons de foot dédicacés par le réalisateur (qui par ailleurs est lui aussi éminemment sympathique), tee-shirts et casquettes à l’effigie du long-métrage.


Étant dans l'ensemble assez réfractaire aux œuvres cinématographiques françaises actuelles, je dois reconnaitre que ce GOAL OF THE DEAD  avec ces zombies footballeurs est un pur bijou totalement fun à l'image de SHAUN OF THE DEAD. A voir absolument !
Chapeau bas messieurs ROCHER et POIRAUD, vous m'avez convaincu que les français pouvaient faire de bons films fantastiques quand ceux-ci étaient mis en boite par de vrais amoureux du genre.
Sitôt terminé, on embraye directement sur CANNIBAL HOLOCAUST introduit par son metteur en scène. RUGGERO DEODATO nous expose les multiples aléas du tournage et les tracas judiciaires qu'il a connu lors de la sortie du film avant de nous laisser apprécier son chef d’œuvre sur grand écran.
Complètement claqué à 01h30 du matin, je n'assisterai pas à la projection de HUMAN CENTIPEDE 2 en présence de son acteur culte LAURENCE  HARVEY... pas envie d'avoir la tête dans le cul pour le second jour !



                                                       SAMEDI 31 MAI : DEDICACES, SUPER 8 ET RUGGERO SHOW


11h00. Cette seconde journée commence avec une petite session de courts-métrages bien meilleure que la première (petit coup de cœur pour le DO de Marc Lahore qui ne donne pas envie de refoutre les pieds dans un fast-food), puis retour à l'espace exposants pour enfin rencontrer le sieur DAVID DIDELOT, auteur du fanzine VIDEOTOPSIE et surtout du fameux bouquin GORE : AUTOPSIE D'UNE COLLECTION qu'il vient présenter en exclusivité. 

Les mots me manquant pour décrire ce dingue de bis rital et grand amateur de la filmographie de JOE D'AMATO, je ne dirai que ces trois mots-là : merci l'ami !
Et puis son livre est une véritable tuerie que se doit de posséder tout fervent admirateur de la défunte collection du FLEUVE NOIR (et même ceux qui désireraient la connaitre d'ailleurs, il n'est jamais trop tard pour bien faire).

 

12h30 : la cérémonie d'ouverture du festival permet à LOÏC BUGNON de nous présenter les différents invités et pendant que l'infatigable RUGGERO assure le spectacle au milieu du décor cannibalesque installé sur le podium principal, j'en profite pour accoster un petit bonhomme à l'air réservé qui se tient à l'écart de ses confrères, lesquels sont assaillis par une horde de fans désireux de se faire photographier en leur compagnie.
Le p'tit gars en question c'est l'incroyable LAURENCE HARVEY, personnage à des années-lumière du barjot qu'il incarne dans le second volet des aventures du mille-pattes humain, d'une gentillesse phénoménale et qui, alors que nous discutons tranquillement de son rôle de MARTIN LOMAX me rassure quand même quand à la santé mentale du réalisateur TOM SIX.
Je me jette ensuite sur BARBARA MAGNOLFI (mais pas trop violemment non plus, faudrait pas que je me fasse lourder par la sécurité) laquelle m'accueille à bras ouvert pour une séance photo inoubliable.
Merci également à RENÉ MANZOR pour son accueil. Mon seul regret : ne pas avoir eu le temps d'approcher PHILIPPE NAHON et BENJAMIN ROCHER.

                                            "- Hé, Laurence, yé té propose oune nouveau concept pour oune foutour film : 
                                               lé mille-patte cannibale. A la fin tout lé monde s'est entrebouffé, yénial no ?
                                             - Si tu veux Ruggero, mais qui bouffe le cannibale en queue du mille-pattes ?
                                             - Ma toi, mon Laurence !
                                             - Heu, je suis plus très sûr, du coup....."

Et là, chose que l'on ne voit pas souvent dans un festival, les invités se mêlent au public en toute quiétude, sans être constamment harcelés par de quelconques fans en délire.
RUGERO fait même quelques emplettes et s'arrête sur un stand pour y acheter le bluray français de CANNIBAL HOLOCAUST, à la grande joie du vendeur qui ne doit toujours pas en revenir.
Le maestro me dédicace quelques jaquettes et ne se gène pas pour embrasser un maximum de représentantes de la gent féminine..... c'est qu'il n'a pas perdu sa fougue légendaire, le gaillard !
Au cours de l'après-midi, tous ces artistes se consacreront pendant plus de trois heures à dédicacer tout ce que leurs fans leur mettront sous la main: bouquins, jaquette VHS et DVD, affiches de films, etc...

                           "- Hé, Barbara, tou n'as pas des photos dé Amazonia en plous, yé souis à sec pour lé dédicaces ?
                            - Démerde-toi, Ruggero, vu le sort que tu m'avais réservé dans ce film..."

18h00 : c'est l'heure du documentaire SUPER 8 MADNESS de FABRICE BLIN qui nous ramène aux bonnes vieilles années 80 et aux turbulents festivals du SUPER 8 menés à l'époque par notre JPP national.
Je fais ensuite l'impasse sur 3615 PÈRE NOËL de RENÉ MANZOR, fringale oblige, puis à 23h00 c'est le clou de la journée avec la projection d' AMAZONIA LA JUNGLE BLANCHE en présence de RUGGERO DEODATO et de BARBARA MAGNOLFI.
Inutile de dire que la présentation de l’œuvre par les deux intéressés vaut son pesant de cacahuètes, le maestro n'a pas la langue dans sa poche et n'hésite pas à gentiment bâcher la belle BARBARA quand cette dernière le reprend un peu trop souvent. Hilarant !
La soirée se termine à plus d'une heure et là aussi je fais l'impasse sur le dernier film (MANIAC NURSES) dont je n'ai strictement rien à carrer.



                                                          DIMANCHE 1ER JUIN : DERNIERS MOMENTS D’ÉMOTION

Ce dernier jour est assurément le plus tranquille du lot, la fatigue accumulée n'arrangeant probablement pas les choses.
Après d'ultimes emplettes qui feront à coup sûr péter un fusible à mon banquier dans les jours à venir, j'assiste à un timide concours de cosplay animé par PASCAL TOURAIN. Timide car peu de volontaires se sont prêtés au jeu malgré la présence de nombreuses personnes costumées (honte à vous). Heureusement, une fois de plus, mister DEODATO vient mettre son grain de sel là-dedans en partageant sa bonne humeur avec le public (et en grattant encore pas mal de bécots).

                                                                           "Ma che bellissima ragazza ! Un bacio ?"

Suivra l'intéressante conférence d'ARNAUD BORDAS à propos de son livre "DE CHAIR ET DE SANG" à laquelle  BENJAMIN ROCHER et ses acolytes survoltés, présents dans le public, viendront ajouter une petite touche comique.
Le long trajet de retour qui m'attend m’empêchera d'assister à la projection de LA NUIT DÉCHIRÉE aux cotés de MICK GARRIS et surtout à la cérémonie de clôture que l'on m'a rapportée comme étant des plus émouvantes.


Ce que je retiendrai de ces 3 jours ?
La disponibilité et la gentillesse des invités (comme je l'ai déjà dit, ce n'est pas toujours chose courante dans les festivals), les exposants tous plus sympas les uns que les autres et surtout les multiples rencontres que j'ai faites avec de vrais fans du genre, avec lesquels je me suis engagé dans des discussions endiablées sur le cinéma bis (ou pas) et qui sont au final devenus de véritables amis.
Je crois que question convivialité j'aurai été plus que servi durant tout ce week-end.
Un grand merci à monsieur BUGNON et à tous ceux qui l'ont aidé pour cette convention !

                                                      Les invités improvisent un french cancan (photo de Nicolas Billing).

Quand on quitte Audincourt après un tel festival, on a la tête pleine de souvenirs, un petit pincement au cœur de devoir quitter tout ce beau monde et une envie furieuse d'y retourner l'année suivante.
Et à moins de me retrouver en tant que maillon du mille-pattes humain (pas facile de conduire dans cette position) ou d'être dévoré par un groupe de cannibales issus du fin fond du terroir, je ne raterai pour rien au monde le sixième BLOODY WEEKEND.
Bordel, qu'elle va être longue l'année à venir.......




9 commentaires:

  1. Ce fut un vrai plaisir de faire ta connaissance. Sincèrement.
    Et ton CR restitue à la perfection l'atmosphère chaleureuse de cette convention pas comme les autres.
    Loïc et son équipe effectuent un travail exceptionnel, et donnent au Bloody Week-end un cachet unique.
    La barre a une nouvelle fois été placée très haut, et ça va être un sacré défi de faire aussi bien l'année prochaine.
    Mais quelque chose me dit qu'ils y parviendront. En tout cas, sauf catastrophe, nous serons là pour le vérifier.
    Alors au plaisir de te revoir là-bas.

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  2. Merci pour ce résumé qui reflète l'ambiance des 4 premières éditions de cette convention (le terme me paraît plus adapté que "festival") et qui me permet de moins regretter mon absence cette année ! A l'année prochaine !

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    1. C'est vrai, "convention" est bien plus adapté.

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  3. Super article !
    Un beau résumé du Bloody WE !

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  4. très bonne article du bloody

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  5. Très sympa l'article. Mets de l'argent de côté pour la prochaine édition, ça fera plaisir à ton banquier.

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  6. Oui, j'ai déjà commencé d'ailleurs...

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  7. Hyper sympathique comme compte-rendu, et l'événement est totalement séduisant !

    Dommage que je sois vers un autre côté de la France.
    Ainsi le livre sur la collection Gore est déjà sorti ? Hum...

    Merci et bravo aux organisateurs qui doivent escalader des montagnes pour réaliser ce genre d'événements pas très "subventions".

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    1. J'ai fait pas mal de conventions et je peux te garantir que celle-ci c'est vraiment quelque chose.
      Un seul mot pour la décrire : convivialité.
      Se balader dans les allées de l'espace exposants aux cotés de Ruggero Deodato, Laurence Harvey ou Mick Garris c'est quand même vachement surréaliste.... mais c'est ce que j'ai vécu le week-end dernier.
      Et comme tu l'as dit les organisateurs se démènent comme des malades pour faire plaisir aux fans et on peut dire que tout le mérite leur revient.

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